Reine Taëvran propose une lecture, extrait d’un texte intitulé « La Douche ». Ce texte est un travail sur le souvenir, la reconstruction du souvenir par la mémoire qui s’effectue sous la douche. La douche est un lieu public emprunté dans une gare, anonyme, où le corps se dénude, se lave. Ce récit est une tentative poétique et autobiographique. Accompagnée par la violoncelliste Matilde Navea.
« Une coulée d’eau savonneuse dans les tuyaux repart vers le dedans, dans des circuits privés, où le regard est exclu. Chaque débit d’eau est un concentré de vie qui glisse dans un réservoir complexe, le chemin le plus court vers le dehors (…) toute la journée je pense à ce moment où mon corps se réveille, après avoir participé à ce spectacle sonore. Les bruits tournent autour de la cuve, leur trajectoire me fascine, ils ne vont pas suivre le chemin de l’eau savonneuse.
La vapeur d’eau recouvre toutes les surfaces, jusqu’à se coller aux parois de la mémoire. Des jeux d’enfant, le chat perché, réinventés avec de nouvelles règles valables que quelques minutes, un deux trois soleil, le saut à l’élastique, sauter, sauter, sauter de plus en plus haut…»
email